My story
J'ai toujours aimé les sacs en crochet. Bien avant d'en faire mon métier, bien avant Mirabelle — quand j'étais encore une petite fille assise par terre à côté de ma grand-mère, à la regarder faire tourner un crochet entre ses doigts comme si c'était la chose la plus simple du monde.
Ce qui me fascinait, ce n'était pas le résultat. C'était le fait qu'il n'y avait rien, et puis, quelques heures plus tard, il y avait quelque chose. Un fil, un geste répété mille fois, et un objet apparaissait. Pas une machine, pas une usine : deux mains et beaucoup de patience.
Pourquoi le crochet
Un sac en crochet ne se cache pas. On voit chaque maille, chaque rang, chaque endroit où le fil a changé de couleur. Il n'y a pas de couture qui dissimule un raccourci, pas de finition industrielle qui lisse les défauts. Ce que vous tenez dans la main, c'est exactement le travail qui a été fait.
C'est pour ça que j'y suis revenue. Dans un monde où tout se ressemble, où l'on achète le même sac que des milliers d'autres personnes, le crochet garde une chose rare : il porte la trace de celle qui l'a fait.
Le temps, c'est la matière première
Un petit modèle demande une journée. Une besace, deux ou trois. Il n'y a pas de raccourci possible : le fil avance à la vitesse de la main, pas à celle d'une machine. Je ne le vis pas comme une contrainte, mais comme la chose qui donne sa valeur au sac. Quand on sait combien d'heures il y a dedans, on le pose différemment sur une table.
Je choisis les fils un par un — des cotons denses, qui gardent leur forme et ne se déforment pas au troisième portage. Les cuirs, les chaînes, les fermoirs viennent ensuite, et je les assortis modèle par modèle. Rien n'est commandé en gros. Chaque pièce est décidée séparément.
Mirabelle
Mirabelle est née dans une pièce de la maison, avec une lampe, une table et beaucoup trop de pelotes. C'est toujours de là que tout sort. Les photos que vous voyez sur le site, nous les faisons nous-mêmes — c'est pour ça que le fond est un peu gris, un peu doux : c'est celui de notre studio, pas celui d'un catalogue.
Chaque sac part de chez nous emballé à la main. Si vous en tenez un un jour, vous saurez exactement d'où il vient et combien d'heures il a fallu. C'est tout ce que je souhaite.
Merci d'être passée.
— Mirabelle